Schweizer Grand Prix Literatur

Pascale Kramer  «Ania redécouvrait le silence et la liberté intimidante, invraisemblable, qui avait été la sienne les soirs où Gabriel partait dormir à Monceau. Elle se rendit dans la cuisine, trouva dans le frigo un plat préparé pour son père par Jacqueline, un hachis daté du samedi de sa mort. Une seule des trois appliques […]

Schweizer Grand Prix Literatur
Photographiert von Corinne Stoll.

Pascale Kramer 

«Ania redécouvrait le silence et la liberté intimidante, invraisemblable, qui avait été la sienne les soirs où Gabriel partait dormir à Monceau. Elle se rendit dans la cuisine, trouva dans le frigo un plat préparé pour son père par Jacqueline, un hachis daté du samedi de sa mort. Une seule des trois appliques fonctionnait; elle obscurcissait plus qu’elle n’éclairait la pièce. Cette maison était inhabitable aux heures entre chien et loup. Même au temps le plus heureux de ses souvenirs, Ania les avait passées dans l’air empoisonné des déprimes soudaines de son père.»

Aus «Autopsie d’un père» (Flammarion, 2016)

 

Pascale Kramer, 1961 geboren, wuchs in Lausanne auf und lebt heute in Paris, wo sie eine Werbeagentur führt. Ihre Bücher drehen sich um den Mikrokosmos Familie und oft auch um die dort sich ereignenden kleinen und grossen Krisen. 1982 kam ihr erster Roman «Variations sur une même scène» (Editions de l’Aire) heraus. Den Durchbruch brachte ihr «Manu» (Calmann-Lévy, 1995), in dem es um den Tod eines Kindes geht. In «Autopsie d’un père» (Flammarion, 2016), ihrem neusten Roman, bringt der Suizid des Vaters eine Geschichte ins Rollen, die sie mit schonungsloser Klarheit beschreibt: «La présence du mort juste à côté était déjà banale. De quelle vie antérieure gardait-on en quelque sorte l’habitude d’une expérience aussi extraordinaire?» Kramer zeigt, wie Schicksalsschläge gewöhnliche Leute in Situationen bringen, aus denen sie keinen Ausweg mehr finden. Die Familie ist bei ihr der Ort aller grossen Erfahrungen des Lebens und ein roter Faden durch ihr stattliches Werk. Dafür erhält sie den Schweizer Grand Prix Literatur 2017.